L'Espace CEDEAO sera le Cadre de Mise en Application du NEPAD en Afrique de l'Ouest

30 November 2002

Réunis le 16 mai 2002 à Yamoussoukro en Cote d’Ivoire, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) ont décidé d’ériger l’organisation régionale en cadre physique et institutionnel de la mise en application du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) en Afrique de l’Ouest.

Les cinq chefs d’Etat et de gouvernement présents à cette rencontre, dont le Sénégalais Abdoulaye Wade et le Nigérian Obassandjo, deux des principaux initiateurs du NEPAD, ont en effet pris l’engagement de doter l’organisation régionale de moyens financiers et d’instruments politiques et institutionnels afin de la rendre capable d’assumer la coordination des différents programmes de mise en œuvre du NEPAD.  Concrètement, il s’agit de créer au sein du secrétariat exécutif de la CEDEAO une cellule de suivi et de gestion des axes stratégiques contenus dans l’initiative africaine. La volonté d’harmonisation des politiques et des programmes nationaux et régionaux devra être matérialisée par l’engagement pris par les chefs d’Etat de mettre sur pied un fond de garantie des investissements qui sera géré par la banque d’investissement et de développement de la CEDEAO.

Fort de cette nouvelle et importante compétence qui renforce la place et le rôle de la CEDEAO dans le champ des organisations régionales et continentales, le sommet de Yamoussoukro a appelé  à des « actions concertées »  dans le domaine de l’agriculture, de l’accès aux marchés et de la diversification. A cette fin, la CEDEAO s’appuiera sur les autres structures régionales déjà existantes et plus spécifiquement sur un comité chargé d’élaborer un plan d’actions pour l’harmonisation des différents cadres législatifs et réglementaires dans un délai d’un an.

Après le choix de la CEDEAO comme cadre institutionnel devant abriter les futures négociations des Accords de partenariat économiques entre l’Union européenne et les pays ACP et l’accord obtenu le 12 avril dernier à Freetown sur le nom de la future monnaie régionale qui, selon le Conseil de convergence, est prévue en 2004, le sommet de Yamoussoukro vient de poser un nouveau jalon dans le processus de création d’un marché économique et d’une entité politique cohérents et harmonisés. Pourtant, en dépit de cet élargissement des compétences de l’organisation régionale, la CEDEAO a encore beaucoup de mal à faire converger les différentes politiques nationales afin d’atteindre ses objectifs d’intégration à moyen terme. Pris individuellement, la plupart des pays membres ne parviennent pas encore à se conformer aux critères de convergence macroéconomiques. En dehors des pays membres de l’UEMOA, l’engagement à harmoniser les dispositifs législatifs et le cadre des échanges en perspective d’une union douanière tarde à se concrétiser.

Sources :

« La CEDEAO, cadre institutionnel du NEPAD décident les chefs d’Etat » AFP, 21-05-02 Le Sommet des Chefs d'Etats du COMESA: Des Engagements en Faveur du Commerce et de l'Agriculture

Les chefs d’Etat et de gouvernement de neuf pays africains membres du COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa) se sont réunis les 23 et 24 mai à Addis Abeba, en Ethiopie, pour le septième Sommet des Chefs d’Etat. Le thème du sommet était « la promotion du commerce et de l’investissement » dans la Zone de libre-échange de neuf pays du COMESA. Parmi les sujets au menu des discussions figuraient, entre autres, la création d’un fonds destiné à compenser les pertes résultant de la participation au bloc commercial, les préoccupations en matière de sécurité alimentaire, la paix dans la région, ainsi que l’élargissement de la zone de libre-échange (ZLE).

La zone de libre-échange a été lancée en octobre 2000, avec la participation de neuf Etats du COMESA : Djibouti, Egypte, Kenya, Madagascar, Malawi, Maurice, Soudan, Zambie et Zimbabwe. La communauté plus large des 20 Membres du COMESA comprend également l’Angola, le Burundi, la République démocratique  du Congo, l’Ethiopie, l’Erythrée, la Namibie, l’Ouganda, le Rwanda, les Seychelles, le Swaziland et l’Union des Comores. Bien que n’ étant pas encore membres de la Zone de libre-échange, ces derniers pays ont entre eux des arrangements commerciaux préférentiels et sont en train de réduire progressivement les droits de douane sur les marchandises produites à l’intérieur du bloc.

Les Etats membres visent à faire évoluer la zone de libre échange du COMESA en union douanière d’ici 2004 et en union monétaire d’ici 2025  qui regrouperait tous les 20 Membres.

Stimuler le commerce et l’investissement

Le commerce et l’investissement étaient au cœur des travaux du sommet. Parmi les résolutions adoptées à l’issu du sommet, une porte clairement sur la volonté des membres de redynamiser le commerce dans la ZLE et traduit leur engagement à accroître le volume des échanges ainsi que l’investissement. A cette fin, les membres ont décidé de mettre sur pied un fond destiné à compenser les pertes de recettes découlant de leur participation à la zone de libre-échange. On s’attend également à ce que le fonds, avec l’assistance du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), aide à stimuler les investissements du secteur privé dans les infrastructures.

En outre, les Membres ont appelé à accélérer les consultations en vue de la mise en œuvre du protocole sur la libre circulation des personnes, de la main-d’œuvre et des services.

Assurer la sécurité alimentaire

La coopération dans le domaine de l’agriculture et de la sécurité alimentaire a figuré au premier plan de l’ordre du jour du sommet. Dans l’ espoir de donner une impulsion à la production agricole dans la région, les dirigeants ont débattu des mécanismes visant à promouvoir les projets d’ irrigation à grande échelle, réduire la dépendance vis-à-vis de l’ agriculture pluviale, et encourager la spécialisation régionale. Mettant en parallèle les énormes déficits alimentaires entraînés par la sécheresse dans certains pays du COMESA situés au Sud, aux excédents dans certains pays se trouvant à l’Est, Mwencha a ajouté « [nous] devrions développer des régimes qui permettent la libre circulation des produits alimentaires dans la région, et pas seulement quand nous avons des problèmes. »

Dans ce contexte, le renforcement des réseaux de transport a également été identifié comme une priorité - car près des trois-quarts du trafic de marchandises dans le COMESA se fait par la route.

Elargir la ZLE et adopter une position commune face aux partenaires extérieurs

Le sommet a également tenté d’attirer davantage de Membres dans la zone de libre-échange. En dépit de ces efforts, seuls les cinq Etats du Burundi, du Rwanda, de la République démocratique du Congo, de la Namibie et du Swaziland, se sont engagés à adhérer avant janvier 2004. Si les dirigeants africains reconnaissent que le commerce intra-régional entre les neuf pays de la zone de libre-échange, d’un montant de 370 millions de dollars, s’est amélioré en raison de l’établissement de la zone de libre-échange, ils notent toutefois que certains Membres hésitent à y adhérer parce qu’ils craignent la domination de leurs voisins.

Une autre question qui entrave l’élargissement, et la croissance en général, est la complexité des règles d’origine. Le Secrétaire général Mwencha a fait observer que le principal obstacle retardant la mise en œuvre de la zone de libre-échange était les questions des ‘règles d’origine’ et le recours par certains Membres à de telles dispositions pour bloquer ou retarder les importations. Ce point est en train d’être examiné, afin de permettre la mise en place de la même procédure d’administration de ces règles.

Concernant la question d’une position commune dans les négociations avec les partenaires multilatéraux, le COMESA avait convenu, avec d’autres groupements régionaux tels que la SADC (Southern African Development Community), d’adopter une approche commune dans les négociations à l’OMC, avec l’Union européenne et les Etats-Unis, dans le cadre de l’AGOA - Africa Growth and Opportunity Act - (aux termes duquel les pays remplissant les conditions peuvent exporter vers les Etats-Unis, en franchise de droits et de quotas des produits, notamment textiles faits de fil américains, ainsi qu ’une quantité limitée de vêtements faits à partir de textiles fabriqués dans le pays en question).

Sources:

« communiqué final du 7eme sommet des chefs d’Etat du COMESA », Allafrica, 30-05-02 Bridges weekly, vol 6, number 20, 28 may 2002 AGOA : La Côte d'Ivoire Eligible

Le 24 mai 2002, la côte d’Ivoire a rejoint les 35 pays africains bénéficiaires des avantages commerciaux offerts par la loi américaine sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA).

Cette décision signée par le président Bush et rendue publique le 21 mai 2002 assouplit les conditions d’accès au marché américain pour les produits ivoiriens. Elle lui offre, à l’instar des autres pays  éligibles, la possibilité d’exporter sur le marché américain en franchise de droits de douane et sans contingentement. D’un autre côté, la loi sécurise les opérateurs américains intéressés par le marché ivoirien en leur garantissant un environnement économique fiable et propice aux affaires.

Selon le directeur de la principale agence ivoirienne de promotion des investissements, l’APEX-CI, la mise en œuvre de l’AGOA devrait provoquer un choc positif sur l’économie du fait de ses effets induits qui entraîneront l ’élargissement de la base économique et industrielle nationale sous le coup d’une profonde récession depuis quelques années. Le slogan « Côte d’Ivoire is back » mis en avant par le président ivoirien pour traduire sa volonté de repositionnement économique sur l’échiquier sous-régional, à la suite de la série de crises politiques et économiques qui a fortement ébranlé son leadership dans l’espace de l’UEMOA, trouve à travers l’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’AGOA sa première forme de matérialisation.

Si le retard de l’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’AGOA peut s’expliquer plus généralement  par des raisons de non conformité politique avec les exigences et les critères établis par la loi américaine, c’est plus spécifiquement le différent commercial opposant depuis longtemps Wireless Communication Technology (WCT), actionnaire à 20% dans l’entreprise américaine Cora de Comstar et l’ivoirienne G.A Holding  qui en a été la raison la plus immédiate. En effet, le gouvernement américain avait non seulement apporté son soutien explicite à WCT, mais avait aussi subordonné l ’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’AGOA au règlement juste de ce différent commercial dans lequel la justice ivoirienne avait été impliquée. Cette crise a trouvé son dénouement le 26 avril dernier à Bruxelles par la signature d’un accord financier obtenu à l’amiable, soit un mois avant la signature par l’administration américaine de l’acte l’éligibilité de la Côte d’ivoire à l’AGOA.

Sources :

« La côte d’Ivoire éligible à L’AGOA », Allafrica, 24-05-02 «  La Côte d’Ivoire reconnaissante aux autorités américaines », Notre Voie, 27-05-02.

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