Le Contrôle de la "Gouvernance" et le Commerce au Centre des Préoccupations de Mise en Oeuvre lors de la Conférence de Johannesbourg

30 November 2002

Les ministres africains chargés des finances, de la planification et du développement économique se sont réunis du 19 au 21 octobre, en Afrique du Sud, pour se pencher sur la mise en oeuvre du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD).

Plus de 500 participants, au nombre desquels une quarantaine de ministres des finances, des gouverneurs de banque centrale, des universitaires et chercheurs, des représentants de la société civile et du secteur privé ainsi que de la communauté internationale ont pris part à cette réunion. Une réunion des experts s'est tenue du 16 au 18 octobre, avant la conférence ministérielle organisée sous l'égide de la Commission Economique pour l'Afrique (CEA) autour du thème "Accélération des Performances et des Progrès de l'Afrique : Le Défi du NEPAD".

Ce thème est une réponse à la demande que les ministres avaient faite l'année dernière, à l'issue de la conférence d'Alger. Ils se sont focalisés à Johannesburg sur les actions nécessaires pour amener les pays africains à traduire les principes et objectifs du NEPAD dans les initiatives prises au niveau national. Parmi ces principes et objectifs, le commerce et les problèmes d'accès aux marchés pour les produits africains occupent une place prépondérante.

C'est conscients de cela que les ministres ont pris l'engagement de faire du NEPAD le levier par lequel l'Afrique doit opérer son insertion progressive dans l'économie globale. Les ministres ont pris l'engagement dans leur déclaration d'augmenter la représentation quantitative et qualitative du continent africain dans toutes les instances de négociation internationales, en particulier au niveau de l'OMC. A cette fin, ils ont soutenu l'ambition de la CEA d'ouvrir prochainement un bureau permanent à Genève, qui sera chargé de fournir une assistance technique aux négociateurs africains et de contribuer au renforcement des capacités et des positions de négociation africaines.

Dans les paragraphes 14, 15 et 16 de la déclaration issue de la conférence, les ministres se sont encore conformés à l'esprit du NEPAD en appelant les pays développés à garantir un accès libre et sans contingent aux produits africains. Cela passe, selon eux, par l'harmonisation et la simplification des dispositions sur les règles d'origine qui seules peuvent permettre à l'Afrique de tirer profit des opportunités offertes par l'ouverture des marchés, en particulier en ce qui concerne les produits à grande valeur ajoutée.

Toutes les actions et les stratégies destinées à insérer davantage l'Afrique dans l'économie globale ne peuvent cependant être efficaces sans la création préalable à l'intérieur du continent d'un marché ouvert, accessible et harmonisé, par la réduction, voire la suppression, des barrières douanières, l'harmonisation des procédures et la modernisation des infrastructures de production et de circulation. Concrètement, cela doit déboucher sur des décisions politiques majeures en faveur de la coopération interrégionale et du renforcement des communautés économiques régionales, conformément à l'engagement des ministres (paragraphe 16).

Rappelons que dans le domaine spécifique du commerce, le NEPAD cherche à :

- Assurer une participation active de l'Afrique aux échanges commerciaux mondiaux gérés sous les auspices de l'OMC. - Identifier conjointement les besoins régionaux et continentaux en matière d'assistance technique et les soumettre aux partenaires développés ou à des organisations telles que l'OMC. - Agir et dialoguer de façon à obtenir et stabiliser le traitement préférentiel consenti par certains partenaires de l'Afrique ( Système Généralisé de Préférence (SGP), l'Accord de Cotonou, l'Initiative Tout sauf les armes et l'AGOA etc.) et faire en sorte que la libéralisation multilatérale future n'affecte pas les marges préférentielles offertes par ces arrangements. Le NEPAD est le fruit de la fusion du Partenariat du Millénaire pour le Programme de Redressement de l'Afrique (MAP), élaboré par les présidents Thabo Mbeki d'Afrique du Sud, Abdelaziz Bouteflika d'Algérie, Olusegun Obasanjo du Nigeria et Hosni Mubarak d'Egypte, et du plan OMEGA du président Abdoulaye Wade du Sénégal. Il s'inspire également du Pacte pour le Redressement de l'Afrique qui avait été élaboré par la CEA, à la demande des ministres des Finances africains réunis à Addis Abéba en novembre 2000.

Sources : - AFP, 18 octobre 2002, 30 octobre 2002. - Pour le texte complet de la déclaration ministérielle www.uneca.org/fr/conferenceofministers, pour plus d'informations sur le NEPAD, consulter : www.uneca.org/nepad Réunion de Harare sur le Régionalisme Africain et l'OMC: Débats sur le NEPAD, l'AGOA et d'autres Arrangements Commerciaux

Plus de trente représentants de la société civile, chercheurs et universitaires se sont réunis les 29-30 octobre à Harare, au Zimbabwe, pour un atelier régional de deux jours intitulé " L'interface entre le commerce et les accords de partenariat régionaux - Cotonou, AGOA, OMC et NEPAD ". L'atelier était organisé par Consumer Unity and Trust Society-Africa (CUTS-ARC), Mwengo (Zimbabwe) et l'Institute of Global Dialogue (Afrique du sud). Les discussions ont porté sur les processus de négociation en cours des accords commerciaux africains, dans le contexte des perspectives de développement du continent. L'atelier avait pour but d'éclairer certaines des questions en jeu dans les diverses négociations dans lesquelles l'Afrique est engagée et les avantages en terme de développement de systèmes tels que la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (African Growth and Opportunity Act - AGOA) et le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD).

Cotonou

L'atelier a noté que si l'UE était la force qui impulsait les nouvelles négociations entre l'Europe et le groupe de pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) - en raison de sa grande compréhension de ses relations avec les ACP - on ne pouvait en dire de même des pays ACP eux-mêmes. En raison de ce manque de clarté, ont déclaré les participants à l'atelier, il a été jugé peu probable que la région ACP tire autant d'avantages des accords de partenariat économique ACP-UE éventuels que l'on pourrait l'espérer. Les négociations en vue d'accords de partenariat économique (APE) compatibles avec l'OMC aux termes de l'Accord de Cotonou, ont été lancée en septembre entre les deux groupes de pays.

Les négociations à Bruxelles contiennent plusieurs propositions visant une ouverture accrue des économies africaines. Toutefois, selon le communiqué final de l'atelier, " certaines des propositions de l'agenda des APE telles que les normes du commerce et du travail, les politiques régissant l'investissement, la concurrence et les droits de propriété intellectuelle sont en contradiction avec les positions des pays africains à l'OMC.

L'atelier a également identifié certains des problèmes dans les propositions d'APE de l'UE, notamment le fait qu'elles visent à diviser les ACP par région et par niveaux de développement, plutôt que par communauté d'intérêts économiques. En conséquence, ont noté les participants à la réunion, les pays africains pourraient être contraints d'adopter des positions divergentes sur les mêmes questions, donnant un avantage à l'UE dans les négociations. Selon le professeur Jasper Okelo de l'Université de Nairobi, les configurations géographiques requises par l'Accord de Cotonou pour la constitution des APE " sont une question difficile et complexe dont la solution demande du temps et une mobilisation de la volonté politique. " Ceci est dû en partie aux chevauchements des groupes commerciaux et économiques chez les ACP, a-t-il déclaré.

NEPAD-OMC

Concernant le NEPAD et l'OMC, l'atelier a noté qu'il y avait des domaines de chevauchement et qu'il fallait donc une plus grande coordination. Ces domaines ont été identifiés comme résultant de l'idéologie économique sous-jacente, avec un accent sur le commerce comme moteur favori de la croissance dans les pays en développement.

AGOA

A propos de l'arrangement bilatéral de l'AGOA, il y a eu un consensus, parmi les experts, sur le fait que plusieurs sujets de préoccupation se sont posés. Il a également été souligné que les règles d'origine de l'AGOA étaient en contradiction avec les règles de l'OMC. S'il y a de nombreuses préférences au titre de l'AGOA, son calendrier était perçu comme étant trop court pour permettre aux pays de développer les infrastructures nécessaires afin de maximiser les avantages découlant de l'arrangement commercial. En outre, l'AGOA n'est pas un accord de partenariat, car il y a eu peu d'implication des pays africains dans sa préparation.

L'atelier a conclu : " Les pays de la région doivent porter leur attention sur l'élaboration d'une stratégie de développement national générale et d'un train de politiques commerciales appropriées, au lieu de concentrer leurs énergies sur des programmes sectoriels, sources de division, tels que Cotonou, l'AGOA et le NEPAD. " A cet égard, l'atelier a appelé à plus de plaidoyer et d'éducation du public sur le contenu des diverses négociations commerciales et sur les questions en jeu dans ces négocia

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