Conférence Ministérielle des PMA à Cotonou: Les Pays Membres Veulent Renforcer leur Coopération pour Parler d'une Seule Voix.

30 November 2002

Les 49 PMA ont tenu le 5 août dernier à Cotonou leur 12ème conférence ministérielle dont le l’orientation centrale est le renforcement de la coopération, de la solidarité et de l’unité des PMA dans le cadre des principaux évènements mondiaux.

Au cours de cette rencontre de trois jours, une centaine de délégations des PMA, des représentations d’organisations internationales, du système des Nations unies et des partenaires au développement ont abordé une série de questions transversales ayant un intérêt majeur pour les PMA.

Dans le processus de réexamen des progrès réalisés dans le cadre de la mise en œuvre du programme d’action des PMA, les membres ont fait le point des préoccupations des PMA dans les différentes instances multilatérales, notamment le cycle de négociation post Doha et la dernière conférence de Monterrey sur le financement du développement.

La rencontre s’est également penchée sur les questions et les préoccupations des PMA en direction des prochaines principales rencontres internationales, en particulier le sommet mondial sur le développement durable prévu à Johannesburg du 26 août au 4 septembre 2002, la 57ème session de l’assemblée générale des Nations Unies et la 13ème session des ministres des affaires étrangères des PMA.

La rencontre de Cotonou s’est tenue deux mois après la publication du rapport de la CNUCED sur la situation des PMA dans le monde. Au nombre de 49, ces derniers abritent 81% de pauvres et 50% d'extrêmement pauvres, les populations les moins bien loties résidant dans les pays africains. Cette situation a tendance à s'aggraver surtout pour les individus n'atteignant pas le seuil de 1 dollar par jour. Le rapport montre que les pays qui dépendent de l'exportation de leurs produits primaires sont les plus exposés et que l'extrême pauvreté s'y est aggravée ces dernières années.

Un constat implacable est donc fait à l'issue de cette analyse statistique : la pauvreté dans les PMA est générale et persistante. Les auteurs du rapport expliquent que cette situation est induite par un cercle vicieux, que les économies de ces pays sont prises au piège. La seule solution serait de dégager une croissance économique soutenue basée sur des relations économiques internationales saines. Telle n'est pas le schéma de la mondialisation économique néo-libérale qui aggrave la situation et maintient, voire accentue la pauvreté dans les PMA.

Les experts de la CNUCED proposent quelques orientations pour aller dans le sens d'une baisse de la pauvreté généralisée. La condition sine qua none repose sur la promotion, par les gouvernements des PMA, d'une croissance économique soutenue afin de doubler le niveau de vie moyen des ménages. Le programme d'action en faveur des PMA, pour la décennie 2001-2010, adopté à la fin de la troisième Conférence des Nations Unies sur les PMA établit un objectif de 7% de croissance du Pib par an afin de réduire de moitié, d'ici 2015, la proportion de personnes vivant dans l'extrême pauvreté. Cette croissance doit reposer sur la synergie entre l'investissement et l'exportation ainsi que sur l'adoption de politiques de développement productif. Enfin, les gouvernements doivent élaborer des politiques pour faire en sorte que certains groupes sociaux ne restent pas en marge du processus. Le Sommet des Chefs d'Etats et de Gouvernement ACP: Consolider les Acquis Commerciaux et Renforcer l'Unité dans les Négociations

Le troisième Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement du Groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) s’est tenu du 16 au 19 juillet dernier à Nadi, aux îles Fidji, avec pour entre autres objectifs, de consolider leur position concernant les négociations commerciales à venir avec l’UE, dans le cadre de l’Accord de Cotonou. Les questions liées au commerce, accompagnées des mesures visant à constituer la capacité d’offre, ont occupé une place prépondérante dans la déclaration finale, notamment un appel à une libéralisation des échanges graduelles qui reconnaisse les conditions économiques différentes des pays ACP.

Dans le cadre de l’Accord de partenariat ACP-UE, signé à Cotonou en juin 2000, les négociations en vue de l’établissement d’Accords de Partenariat Economique entre l’UE et les pays ACP sont prévues pour démarrer le 27 septembre 2002. Ces Accords, dont le but est d’améliorer l’accès aux marchés actuel pour les pays ACP, remplaceront les préférences commerciales non réciproques actuelles accordées par l’UE aux exportations des ACP, au titre de la Convention de Lomé. Les négociations doivent être finalisées le 1er janvier 2008 au plus tard.

Selon Kaliopate Tavola, Ministre des affaires étrangères et du commerce extérieur de Fidji, la Déclaration finale de Nadi a marqué un changement d’ orientation notable, des questions traditionnelles telles que la dette, à un accent accru sur le commerce. Tout en soulignant le « rôle central » que le commerce peut jouer dans le développement économique, la Déclaration a mis l ’accent sur la nécessité d’une « flexibilité de politique » pour permettre aux pays en développement « d’atteindre leurs objectifs de développement et de sauvegarder leurs intérêts économiques ». En particulier, la libéralisation des échanges devrait être « introduite et échelonnée de manière progressive » et être accompagnée de mesures de soutien adéquates qui prennent en compte les contraintes de l’offre, rehaussent la compétitivité et renforcent la capacité à commercer ».

Les dirigeants ACP ont en outre noté que les avantages de la mondialisation escomptés ne s’étaient pas matérialisés pour la plupart des pays pauvres « et même quand ils se sont matérialisés, ils ne sont pas répartis équitablement car les coûts sont supportés par tous ». Le Premier Ministre fidjien, Laisenia Qarase, a émis une critique similaire en ce qui concerne la libéralisation des échanges, en notant qu’il n’y avait pas de « terrain de jeu égal pour les ACP». « L’ouverture des marchés est davantage comparable à une pente raide et glissante pour les pays pauvres. C’est pour cela que nous devons entrer avec précaution dans un système intégré de commerce mondial » a-t-il ajouté. Dans le même temps, Qarase reconnaissait l ’association UE-ACP comme « une réussite remarquable » et l’a qualifiée « d’ un des groupements d’aide et de commerce international les plus efficaces jamais établis. »

Concernant le Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg (26 août au 4 septembre), les dirigeants ACP ont convenu de mener des consultations afin de développer et de formuler une position ACP commune lors du Sommet. En outre, les dirigeants ACP ont fortement incité les Etats membres de l’UE à ratifier l’Accord de Cotonou. En date du 19 juillet, 9 pays de l’UE l’ont ratifié (sur les 15 requis), de même que 58 pays La Déclaration de Nadi est accessible à partir du site du Sommet à : http://www.acpsec.org/fiji/ Pour des renseignements complémentaires sur les relations EU-ACP, voir : http://europa.eu.int/comm/trade/bilateral/acp/acp.htm

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